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Philippe Paringaux du magazine Rock and Folk avait fait la critique de l'album à sa sortie.
Voici ce qu'il avait écrit:
Derek and the Dominos
Layla
Eric Clapton, musicien américain. Ca y est et c'est bien mieux comme cela. Il faut dire que l'homme, de par sa culture musicale, y était sérieusement prédisposé, mais tant de ses compatriotes se contentent de reproduire cet art du rock et du blues sans avoir même la curiosité de chercher à savoir d'où à l'intérieur et pourquoi à l'extérieur il existe, que l'on pouvait douter qu'Eric découvre un jour la vérité.
Sa vérité, il fallut pour cela qu'il rencontre Delaney et Bonnie et leurs amis, qu'ils lui apportent un peu de rigueur et de profondeur en échange d'un peu de virtuosité et de beaucoup de promotion. Eric Clapton, qui ne savait plus à l'époque où il en était, traumatisé par l'expérience des Cream et la hantise de n'être toute sa vie qu'un très bon guitariste, fut enfin révélé à lui-même. Le monde du pop avait perdu une idole mais gagné un grand homme musicien. Pour son premier album solo, Clapton se plongea jusqu'au cou dans l'humilité et, tout étonné qu'il était de se découvrir honnête chanteur, oublia un peu qu'il était aussi guitariste. Le disque n'en fut pas moins un excellent départ et surtout une utile mise en confiance. Le juste équilibre est aujourd'hui trouvé: Clapton assume à la fois sa condition de leader, de chanteur, de guitariste et d'américain.
Et l'humilité est toujours présente dans le nom choisi pour l'orchestre, qui aurait aussi bien pu s'appeler "Eric Clapton and the Dominos", dans le partage des parties de guitare avec un musicien de la classe de Duane Allman, dans les hommages rendus aux maîtres, dans l'absence totale d'effets et de virtuosité. Clapton, on le sait, est persuadé qu'un chanteur peut communiquer avec son public mille fois plus efficacement qu'un instrumentiste.
Cette notion est sans doute discutable, tout étant question d'âme et de talent, mais elle peut se révéler exacte lorsque l'idiome choisi est le blues, genre dans lequel les mots de l'histoire sont plus importants que la musique. Là ou Clapton est cependant mis en défaut, c'est qu'il n'est pas exactement un grand chanteur de blues, c'est-à-dire sa voix n'est pas émouvante, même si elle est belle et agréable. Tout de même, c'est à peu près le seul reproche que l'on puisse faire à ce double album, qui contient plus d'une heure de très dense musique et qui n'est d'ailleurs pas uniquement un disque de blues. Les compagnons choisis par Clapton sont très typiques de toute une génération de jeunes musiciens américains qui préfèrent l'efficacité d'une expression directe et simple aux bavardages et aux démonstrations techniques.
Bobby Whitlock, Carl Raddle et Jim Gordon n'en sont certainement pas dépourvus de technique, mais ils sont de vrais professionnels, conscients de ce que leur rôle est de supporter les solistes plutôt que d'essayer de rivaliser avec eux. De là la cohésion d'une magnifique section rythmique, solide comme un roc, capable de tout jouer, vite et bien (l'époustouflante entente entre Raddle et Gordon sur le tempo ultra-rapide de "Why does love got to be so sad"). On comprend que Delaney & Bonnie et Joe Cocker aient fait appel à ces hommes pour les soutenir: les avoir derrière soi, c'est déjà avoir résolu la moitié du problème.
Et l'on regrettera simplement que Bobby Withlock n'ait jamais mis à part sa magnifique intervention sur "Layla", qui est plus la recherche d'un climat autour d'un accord qu'un solo, l'occasion de s'exprimer en solo, ce privilège étant réservé aux guitares de Clapton et de Duane Allman, remarquablement proches dans leur esprit, si heureusement différentes dans leurs sonorités: le son de Clapton est classique, rond, chaleureux, celui de Duane Allman est glissant, aigre, métallique.
Mais les deux guitaristes possèdent en commun une remarquable articulation de leurs discours et cette rare faculté de toujours tendre vers l'essentiel, ce qui donne des improvisations tendues, riches, sans temps morts, et de superbes et clairs contrepoints sonores quand les deux hommes se soutiennent l'un et l'autre ("Little Wing"). Une bonne partie du répertoire est due à Clapton et Whitlock, faite de mélodies proches de celles du Band ou de certains titres de Delaney & Bonnie, et par leur construction et par la façon de les interpréter à plusieurs voix (Whitlock dur, hargneux, Clapton doux, enroué, chaleureux), enlevées presque tout le temps sur des tempos vifs.
Fondues dans un même esprit, on retrouve dans Layla, l'album, les influences du blues prédominantes, bien sûr, du rock and roll et, à un degré moindre, de la country music. Les musiciens ont eu la bonne idée de ne pas consacrer des morceaux spécifiques à chacun de ces styles sauf, encore une fois, le blues avec "Key to the highway" et "Nobody knows You", des classiques, mais d'en capter l'esprit pour en saupoudrer leur musique. Layla et autres chansons d'amour assorties, album fort et souple curieusement terminé par une courte ballade à la guitare sèche est certainement ce qu'Eric Clapton à offert de mieux jusqu'à présent, je veux dire en tant qu'oeuvre complète, car on sait combien d'albums divers portent en eux des détails magnifiques de son talent.
Ceux qui avaient vu en Eric Clapton un grand innovateur se sont trompés: l'homme est simplement un interprète fidèle et ultra-doué, qui à l'avantage sur beaucoup d'autres de le savoir.
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50 ans après, si il fallait faire une critique de cette critique, on peut dire que Mr Paringaux est complètement passé à côté du sujet....la belle Pattie, et l'esprit Jam qui irradie cet album.
Voici ce qu'il avait écrit:
Derek and the Dominos
Layla
Eric Clapton, musicien américain. Ca y est et c'est bien mieux comme cela. Il faut dire que l'homme, de par sa culture musicale, y était sérieusement prédisposé, mais tant de ses compatriotes se contentent de reproduire cet art du rock et du blues sans avoir même la curiosité de chercher à savoir d'où à l'intérieur et pourquoi à l'extérieur il existe, que l'on pouvait douter qu'Eric découvre un jour la vérité.
Sa vérité, il fallut pour cela qu'il rencontre Delaney et Bonnie et leurs amis, qu'ils lui apportent un peu de rigueur et de profondeur en échange d'un peu de virtuosité et de beaucoup de promotion. Eric Clapton, qui ne savait plus à l'époque où il en était, traumatisé par l'expérience des Cream et la hantise de n'être toute sa vie qu'un très bon guitariste, fut enfin révélé à lui-même. Le monde du pop avait perdu une idole mais gagné un grand homme musicien. Pour son premier album solo, Clapton se plongea jusqu'au cou dans l'humilité et, tout étonné qu'il était de se découvrir honnête chanteur, oublia un peu qu'il était aussi guitariste. Le disque n'en fut pas moins un excellent départ et surtout une utile mise en confiance. Le juste équilibre est aujourd'hui trouvé: Clapton assume à la fois sa condition de leader, de chanteur, de guitariste et d'américain.
Et l'humilité est toujours présente dans le nom choisi pour l'orchestre, qui aurait aussi bien pu s'appeler "Eric Clapton and the Dominos", dans le partage des parties de guitare avec un musicien de la classe de Duane Allman, dans les hommages rendus aux maîtres, dans l'absence totale d'effets et de virtuosité. Clapton, on le sait, est persuadé qu'un chanteur peut communiquer avec son public mille fois plus efficacement qu'un instrumentiste.
Cette notion est sans doute discutable, tout étant question d'âme et de talent, mais elle peut se révéler exacte lorsque l'idiome choisi est le blues, genre dans lequel les mots de l'histoire sont plus importants que la musique. Là ou Clapton est cependant mis en défaut, c'est qu'il n'est pas exactement un grand chanteur de blues, c'est-à-dire sa voix n'est pas émouvante, même si elle est belle et agréable. Tout de même, c'est à peu près le seul reproche que l'on puisse faire à ce double album, qui contient plus d'une heure de très dense musique et qui n'est d'ailleurs pas uniquement un disque de blues. Les compagnons choisis par Clapton sont très typiques de toute une génération de jeunes musiciens américains qui préfèrent l'efficacité d'une expression directe et simple aux bavardages et aux démonstrations techniques.
Bobby Whitlock, Carl Raddle et Jim Gordon n'en sont certainement pas dépourvus de technique, mais ils sont de vrais professionnels, conscients de ce que leur rôle est de supporter les solistes plutôt que d'essayer de rivaliser avec eux. De là la cohésion d'une magnifique section rythmique, solide comme un roc, capable de tout jouer, vite et bien (l'époustouflante entente entre Raddle et Gordon sur le tempo ultra-rapide de "Why does love got to be so sad"). On comprend que Delaney & Bonnie et Joe Cocker aient fait appel à ces hommes pour les soutenir: les avoir derrière soi, c'est déjà avoir résolu la moitié du problème.
Et l'on regrettera simplement que Bobby Withlock n'ait jamais mis à part sa magnifique intervention sur "Layla", qui est plus la recherche d'un climat autour d'un accord qu'un solo, l'occasion de s'exprimer en solo, ce privilège étant réservé aux guitares de Clapton et de Duane Allman, remarquablement proches dans leur esprit, si heureusement différentes dans leurs sonorités: le son de Clapton est classique, rond, chaleureux, celui de Duane Allman est glissant, aigre, métallique.
Mais les deux guitaristes possèdent en commun une remarquable articulation de leurs discours et cette rare faculté de toujours tendre vers l'essentiel, ce qui donne des improvisations tendues, riches, sans temps morts, et de superbes et clairs contrepoints sonores quand les deux hommes se soutiennent l'un et l'autre ("Little Wing"). Une bonne partie du répertoire est due à Clapton et Whitlock, faite de mélodies proches de celles du Band ou de certains titres de Delaney & Bonnie, et par leur construction et par la façon de les interpréter à plusieurs voix (Whitlock dur, hargneux, Clapton doux, enroué, chaleureux), enlevées presque tout le temps sur des tempos vifs.
Fondues dans un même esprit, on retrouve dans Layla, l'album, les influences du blues prédominantes, bien sûr, du rock and roll et, à un degré moindre, de la country music. Les musiciens ont eu la bonne idée de ne pas consacrer des morceaux spécifiques à chacun de ces styles sauf, encore une fois, le blues avec "Key to the highway" et "Nobody knows You", des classiques, mais d'en capter l'esprit pour en saupoudrer leur musique. Layla et autres chansons d'amour assorties, album fort et souple curieusement terminé par une courte ballade à la guitare sèche est certainement ce qu'Eric Clapton à offert de mieux jusqu'à présent, je veux dire en tant qu'oeuvre complète, car on sait combien d'albums divers portent en eux des détails magnifiques de son talent.
Ceux qui avaient vu en Eric Clapton un grand innovateur se sont trompés: l'homme est simplement un interprète fidèle et ultra-doué, qui à l'avantage sur beaucoup d'autres de le savoir.
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50 ans après, si il fallait faire une critique de cette critique, on peut dire que Mr Paringaux est complètement passé à côté du sujet....la belle Pattie, et l'esprit Jam qui irradie cet album.
Bonsoir à tous, j'ai eu du mal à suivre l'actualité du forum, cette saloperie de covid m'accapare totalement sur le plan professionnel - bon mais ce n'est pas le sujet. Effectivement, j'ai laissé passer ce cinquantenaire et oh combien cet album est un incontournable dans le parcours du Maitre. En ce qui concerne les pressages et autres remix, j'ai eu l'album US Atco original pendant des années et c'était le meilleur pour l'époque. Des circonstances m'ont obligé à m'en séparer mais j'ai encore le pressage Polydor (ref 2612 014 ) qui est l'original pressage français. Bon, je sais qu'il y a des fans du vinyl, mais le CD, c'est quand même bien, en particulier celui du 20th anniversary edition. J'ai aussi cet album en SACD, c'est vrai que les instruments ressortent encore mieux. Mais quelque soit le support (je l'ai aussi écouté pendant des années sur K7), cet album est tellement fabuleux que rien ne gâche le plaisir de l'écoute que ce soit avec les craquements du vinyl, le souffle réduit du Dolby ou le sous mixage de telle ou telle ré-édition. J'espère que vous allez tous bien et que le confinement pour ceux qui l'ont subi vous a laissé du temps pour le plaisir de la musique. Je vais me replonger dedans et j'espère pouvoir retourner aux valeurs Claptoniennes "comme avant". Bonne journée
Bonsoir Tous et cher Claptonholic,
oui, la "Peau Cream" est une photo que j'avais prise et histoire de compléter les incontournables de San Francisco, cette photo qui trône dans le couloir d'accès du Fillmore West. Je regrette qu'elle soit mal prise, mais l'éclairage était vraiment limite. Vu que c'est légendaire, vous me pardonnerez pour sur.
oui, la "Peau Cream" est une photo que j'avais prise et histoire de compléter les incontournables de San Francisco, cette photo qui trône dans le couloir d'accès du Fillmore West. Je regrette qu'elle soit mal prise, mais l'éclairage était vraiment limite. Vu que c'est légendaire, vous me pardonnerez pour sur.
I feel free - Cela fait si longtemps qu'il ne l'avait pas repris en live. Bon, cette version n'est pas la meilleure. Mais....just listen
https://www.youtube.com/watch?v=n4EUlyduEb4
https://www.youtube.com/watch?v=z9BwfcrN9hw
Et aussi
https://www.youtube.com/watch?v=ZLS3HLEEiWw
https://www.youtube.com/watch?v=_StMl3MaqN4
Cream forever !
https://www.youtube.com/watch?v=n4EUlyduEb4
https://www.youtube.com/watch?v=z9BwfcrN9hw
Et aussi
https://www.youtube.com/watch?v=ZLS3HLEEiWw
https://www.youtube.com/watch?v=_StMl3MaqN4
Cream forever !
Bonjour à tous
Forcément historique ce coffret Goodbye tour. J'attends qu'il arrive chez moi pour me délecter d'une bonne dose de Cream, mais la sortie serait pour le 6 mars. Possédant de nombreux bootlegs, il doit y avoir des plages connues, mais j'imagine que le son sera meilleur. Lundi prochain le concert à la mémoire de Ginger Baker quelqu'un du forum y sera t'il? Cream, ce fût, a mon humble avis, ce que Clapton a fait de mieux avec Derek and the Dominos. Les 80's et 90's ont donnés de grands moments, surtout la période From the Craddle mais les 60's et le début des 70's restent le must. Surement que le fait d''être adolescent à cette époque magnifie l'écoute que j'en ai aujourd'hui.
Forcément historique ce coffret Goodbye tour. J'attends qu'il arrive chez moi pour me délecter d'une bonne dose de Cream, mais la sortie serait pour le 6 mars. Possédant de nombreux bootlegs, il doit y avoir des plages connues, mais j'imagine que le son sera meilleur. Lundi prochain le concert à la mémoire de Ginger Baker quelqu'un du forum y sera t'il? Cream, ce fût, a mon humble avis, ce que Clapton a fait de mieux avec Derek and the Dominos. Les 80's et 90's ont donnés de grands moments, surtout la période From the Craddle mais les 60's et le début des 70's restent le must. Surement que le fait d''être adolescent à cette époque magnifie l'écoute que j'en ai aujourd'hui.
Bonjour
il y avait un article intéressant dans le New York Times sur Robert Johnson. Le voici, traduit.
Bonne journée à tous.
Ne cherchez pas ailleurs- Robert Johnson, Bluesman dont la vie était une énigme
Johnson a peu attiré l'attention durant sa vie, mais ses chansons - citées par les Rolling Stones, Eric Clapton et Led Zeppelin - ont contribué à enflammer le rock 'n' roll.
Par Reggie Ugwu – New York Times – 26 Septembre 2019
Peu de choses ont été documentées sur la vie de Robert Leroy Johnson au cours de ses 27 années, de mai 1911 environ jusqu'à sa mort mystérieuse en 1938. Un acte de naissance, s'il en avait un, n'a jamais été retrouvé.
Ce que l'on sait peut être résumé sur une carte postale: on pense qu'il est né hors mariage en mai 1911 dans le Mississippi et a grandi là-bas. Les registres de l'école et du recensement indiquaient qu'il vivait dans le Tennessee et l'Arkansas. Il a commencé à jouer de la guitare très jeune et est devenu un musicien itinérant. Il avait fini par espérer entrevoir l'agitation de New York.
Mais il est mort dans le Mississippi, avec un peu plus de deux douzaines de chansons enregistrées à son nom mais peu remarquées.
Pourtant, à la fin du 20e siècle, l’avènement du rock ’n’ roll allait faire de Johnson une figure de légende. Des décennies après sa mort, il est devenu l'un des guitaristes les plus célèbres de l'histoire, salué comme un prophète égaré, qui, raconte l'histoire douteuse, a vendu son âme au diable et qui personnifie parfaitement le blues du delta du Mississippi.
À la fin des années 1960, les Rolling Stones, Eric Clapton et Led Zeppelin ont couvert ou adapté des chansons de Johnson en hommage. Bob Dylan, qui, dans le mémoire «Chronicles: Volume One», a attribué «l’influence de Johnson à des centaines de lignes» de sa composition, a notamment fait figurer un album de Johnson dans la couverture de «Bringing It All Back Home».
Dans les années 1990, une formidable compilation de la musique de Johnson - «The Complete Recordings», publiée par Columbia Records en 1991, a ravivé l’intérêt pour le blues pour une autre génération, se vendant à plus de deux millions d’exemplaires et remportant un Grammy pour le meilleur album historique.
En 1994, un timbre-poste américain ressemblant à Johnson lui rendait hommage à celui-ci en tant que héros national.
Le gouffre entre l'homme que Johnson fût et le mythe qu'il est devenu - entre portée mortelle et emprise posthume - a bloqué les historiens et les auditeurs consciencieux pendant plus d'un demi-siècle. Cela aurait constitué un terrain fertile pour les chansons de Johnson, dont beaucoup ont servi franchement et magistralement au désespoir quotidien et à l’invraisemblance de la vie ségrégée afro-américaine.
En effet, son histoire n’est ni plus ni moins que le travail manuel du pays dans lequel elle a été écrite; un pays où l'héritage des Afro-Américains a souvent été façonné par d'autres.
Johnson est né à Hazlehurst, Missouri, au lendemain de l'ère de la Rédemption, une période après la Reconstruction, lorsque les suprémacistes blancs du Sud ont renversé de nombreuses libertés et droits reconnus aux Noirs après la guerre civile.
Sa mère était Julia Major Dodds, fille d'esclaves, qui avait eu 10 enfants avec son mari, Charles Dodds, avant d'en concevoir un autre avec un campagnard appelée Noah Johnson.
Quand Robert eut environ 7 ans, sa mère épousa un autre homme et il partit avec elle à Robinsonville, dans l’histoire de Missville. C’était là, dans les célèbres juke joints de la ville - des magasins ou s’appliquait la ségrégation ou des maisons privées qui sont devenues avec le temps des lieux d’amusement que sa carrière musicale légendaire a commencé
Comme le raconte la biographie de Barry Lee Pearson et Bill McCulloch, «Robert Johnson: Lost and Found» (2003), Johnson, peut-être adolescent, assista à des concerts de Son House l’un des Pionniers du Delta Blues dans les jukes joints. (1)
Le jeune musicien s’était entraîné sur un diddley bow (2) - une ou plusieurs cordes bien accrochées au bord d’une planche – ce qui ne faisait pas de lui un grand guitariste. Mais un surplus d'ambition l'emportait sur son manque de compétence.
Dans une entrevue avec l’écrivain et universitaire Julius Lester, citée par Pearson et McCulloch, en 1965, Son House rappela l’habitude de Johnson de demander d’accéder à la scène pendant des pauses pour pouvoir jouer ses propres chansons.
Chassé par Son House - et par les hurlements de son auditoire - Johnson aurait quitté la ville. Mais il est revenu six mois plus tard, désireux de se produire à nouveau, demandant cette fois la permission de House.
«Il était si bon!», a déclaré House à propos de son nouveau style de jeu et tellement amélioré que Johnson fit entendre la nuit de sa réapparition. «Quand il a eu fini, toutes nos bouches étaient ouvertes. J’ai dit: «Eh bien, pas si vite! Puis il s’en alla!
Les variations de l’histoire de House - séjour mystérieux, soudain virtuosité - sont à l’origine du mythe selon lequel Johnson, comme Faust, aurait vendu son âme en échange de son génie.
Mais les amis de Johnson ont donné des témoignages contradictoires quant à savoir si le chanteur lui-même a jamais participé au récit. Et les deux de ses chansons le plus souvent associées à l'histoire, «Cross Road Blues» et «Hell Hound on My Trail», ne font aucune mention d'une rencontre impie. Les historiens suggèrent maintenant que le véritable bienfaiteur de Johnson aurait pu être un guitariste de la région de Hazlehurst nommé Ike Zinnerman (parfois orthographié Zimmerman).
Alors que la musique de Johnson commençait à trouver un public dans les années qui suivirent sa mort, cependant, les critiques - dont beaucoup étaient blancs et mystifiés par la culture noire du Sud - s’appuyèrent sur la légende.
Comme l'historien de la musique Elijah Wald a écrit dans «S'échapper du delta: Robert Johnson et l'invention du blues» (2004) »:
« Quand les citadins blancs ont découvert les «Enregistements bruts» des années 20 et 30, ils ont remodelé la musique pour l'adapter à leurs besoins. propres goûts et désirs, créant une mythologie riche qui ressemble souvent peu à la réalité des musiciens qu’ils admiraient. ”
Ce qui est vrai, c’est que la guitare jouée sur les enregistrements de Johnson était d’une complexité inhabituelle pour son époque. La plupart des premiers musiciens de Delta Blues jouaient des figures de guitare simples et harmonisées avec leurs voix. Mais Johnson, imitant le style boogie-woogie du piano, utilisait sa guitare pour jouer du rythme, de la basse et de la slide simultanément, tout en chantant.
Une autre innovation associée à Johnson, comme le notait le critique Tony Scherman en 2009 dans le New York Times, est la contrebasse. Apparaissant sur les chansons de Johnson, «Ramblin 'on My Mind» et «I believe I’ll Dust my Broom», la basse ambulante - un rythme grave et ambré qui évoque une marche rythmée - est devenue un élément constitutif du blues et du rock de Chicago dans les mains des apôtres de Johnson que furent Muddy Waters et Elmore James.
Comme beaucoup de bluesmen qui vivaient dans l'ombre de Jim Crow, Johnson a erré pendant la majeure partie de sa vie adulte et s'est produit dans des ensembles de juke joints - voyageant souvent avec son collègue artiste de blues Johnny Shines - jusqu'à New York. Il s'est marié deux fois - d'abord avec Virginia Travis, décédée en donnant naissance à leur enfant, décédé également; puis à Caletta Craft. En 2000, un tribunal a jugé que Claud Johnson, l’enfant d’une petite amie, nommée Virgie Jane Smith, était légalement son fils.
Ce qui a survécu de la courte carrière de Johnson est basé sur ses deux seules sessions d’enregistrement, organisées par le cadre de l’American Record Company, Don Law, en 1936 et 1937 au Texas. Une chanson de la première session, le vibrant «Terraplane Blues», s'est vendue à 5 000 respectables exemplaires, donnant au chanteur le seul véritable goût de la gloire qu'il connaisse dans sa vie.
John Hammond, de Columbia Records, a également défendu la musique de Johnson plusieurs décennies après son décès. Hammond, qui a lancé les carrières de Billie Holiday, Aretha Franklin, Bob Dylan et Bruce Springsteen, a publié un album posthume en 1961, intitulé «King of the Delta Blues Singers», qui compilait la plupart des enregistrements de la American Record Company.
L’album a captivé une nouvelle génération de musiciens à l’aube de l’âge d’or du rock. Comme Eric Clapton l'a écrit en 2007 dans «Clapton: The Autobiography», décrivant sa première rencontre avec «King of the Delta Blues», «j'ai réalisé qu'à un certain niveau, j'avais trouvé le maître. »
L'histoire de la mort de Johnson, comme de nombreux faits de sa vie, est contestée.
Un certificat de décès retrouvé par le chercheur Gayle Dean Wardlow indiquait qu'il était décédé le 16 août 1938 dans une plantation près de Greenwood, dans le Missouri. La cause en était une complication de la syphilis, selon une note au verso du certificat attribuée à le propriétaire de la plantation.
Mais David Honeyboy Edwards, un contemporain de Johnson qui aurait joué avec lui quelques jours avant sa mort, a déclaré que Johnson avait été empoisonné et qu’il était probablement pris pour cible par le mari vengeur de l’une de ses maîtresses.
L’emplacement de la tombe de Johnson n’a jamais été confirmé. Les pierres tombales de trois églises différentes dans la région de Greenwood prétendent marquer son lieu de repos - la dernière énigme d'un homme dont la vie brève et mouvementée est devenue un cryptogramme presque aussi sensationnel que ses chansons.
(1) Edward James House, Jr., plus connu sous le nom de Son House, né le 21 mars 1902 à Riverton, Mississippi1 et mort le 19 octobre 1988 à Détroit dans le Michigan, est un chanteur et guitariste de blues. Il est l'un des pionniers du blues du Delta du Mississippi, remarqué pour son chant et son jeu de guitare très expressifs.
En plus d'avoir influencé Robert Johnson et Muddy Waters, il a été une inspiration pour John Hammond, Alan Wilson (de Canned Heat), Bonnie Raitt, the White Stripes, et John Mooney (en).
En 1980, il est entré au Blues Hall of Fame2, tout comme en 2017 son single Preachin' the Blues. (Wikipedia)
(2) Diddley bow : https://en.wikipedia.org/wiki/Diddley_bow
il y avait un article intéressant dans le New York Times sur Robert Johnson. Le voici, traduit.
Bonne journée à tous.
Ne cherchez pas ailleurs- Robert Johnson, Bluesman dont la vie était une énigme
Johnson a peu attiré l'attention durant sa vie, mais ses chansons - citées par les Rolling Stones, Eric Clapton et Led Zeppelin - ont contribué à enflammer le rock 'n' roll.
Par Reggie Ugwu – New York Times – 26 Septembre 2019
Peu de choses ont été documentées sur la vie de Robert Leroy Johnson au cours de ses 27 années, de mai 1911 environ jusqu'à sa mort mystérieuse en 1938. Un acte de naissance, s'il en avait un, n'a jamais été retrouvé.
Ce que l'on sait peut être résumé sur une carte postale: on pense qu'il est né hors mariage en mai 1911 dans le Mississippi et a grandi là-bas. Les registres de l'école et du recensement indiquaient qu'il vivait dans le Tennessee et l'Arkansas. Il a commencé à jouer de la guitare très jeune et est devenu un musicien itinérant. Il avait fini par espérer entrevoir l'agitation de New York.
Mais il est mort dans le Mississippi, avec un peu plus de deux douzaines de chansons enregistrées à son nom mais peu remarquées.
Pourtant, à la fin du 20e siècle, l’avènement du rock ’n’ roll allait faire de Johnson une figure de légende. Des décennies après sa mort, il est devenu l'un des guitaristes les plus célèbres de l'histoire, salué comme un prophète égaré, qui, raconte l'histoire douteuse, a vendu son âme au diable et qui personnifie parfaitement le blues du delta du Mississippi.
À la fin des années 1960, les Rolling Stones, Eric Clapton et Led Zeppelin ont couvert ou adapté des chansons de Johnson en hommage. Bob Dylan, qui, dans le mémoire «Chronicles: Volume One», a attribué «l’influence de Johnson à des centaines de lignes» de sa composition, a notamment fait figurer un album de Johnson dans la couverture de «Bringing It All Back Home».
Dans les années 1990, une formidable compilation de la musique de Johnson - «The Complete Recordings», publiée par Columbia Records en 1991, a ravivé l’intérêt pour le blues pour une autre génération, se vendant à plus de deux millions d’exemplaires et remportant un Grammy pour le meilleur album historique.
En 1994, un timbre-poste américain ressemblant à Johnson lui rendait hommage à celui-ci en tant que héros national.
Le gouffre entre l'homme que Johnson fût et le mythe qu'il est devenu - entre portée mortelle et emprise posthume - a bloqué les historiens et les auditeurs consciencieux pendant plus d'un demi-siècle. Cela aurait constitué un terrain fertile pour les chansons de Johnson, dont beaucoup ont servi franchement et magistralement au désespoir quotidien et à l’invraisemblance de la vie ségrégée afro-américaine.
En effet, son histoire n’est ni plus ni moins que le travail manuel du pays dans lequel elle a été écrite; un pays où l'héritage des Afro-Américains a souvent été façonné par d'autres.
Johnson est né à Hazlehurst, Missouri, au lendemain de l'ère de la Rédemption, une période après la Reconstruction, lorsque les suprémacistes blancs du Sud ont renversé de nombreuses libertés et droits reconnus aux Noirs après la guerre civile.
Sa mère était Julia Major Dodds, fille d'esclaves, qui avait eu 10 enfants avec son mari, Charles Dodds, avant d'en concevoir un autre avec un campagnard appelée Noah Johnson.
Quand Robert eut environ 7 ans, sa mère épousa un autre homme et il partit avec elle à Robinsonville, dans l’histoire de Missville. C’était là, dans les célèbres juke joints de la ville - des magasins ou s’appliquait la ségrégation ou des maisons privées qui sont devenues avec le temps des lieux d’amusement que sa carrière musicale légendaire a commencé
Comme le raconte la biographie de Barry Lee Pearson et Bill McCulloch, «Robert Johnson: Lost and Found» (2003), Johnson, peut-être adolescent, assista à des concerts de Son House l’un des Pionniers du Delta Blues dans les jukes joints. (1)
Le jeune musicien s’était entraîné sur un diddley bow (2) - une ou plusieurs cordes bien accrochées au bord d’une planche – ce qui ne faisait pas de lui un grand guitariste. Mais un surplus d'ambition l'emportait sur son manque de compétence.
Dans une entrevue avec l’écrivain et universitaire Julius Lester, citée par Pearson et McCulloch, en 1965, Son House rappela l’habitude de Johnson de demander d’accéder à la scène pendant des pauses pour pouvoir jouer ses propres chansons.
Chassé par Son House - et par les hurlements de son auditoire - Johnson aurait quitté la ville. Mais il est revenu six mois plus tard, désireux de se produire à nouveau, demandant cette fois la permission de House.
«Il était si bon!», a déclaré House à propos de son nouveau style de jeu et tellement amélioré que Johnson fit entendre la nuit de sa réapparition. «Quand il a eu fini, toutes nos bouches étaient ouvertes. J’ai dit: «Eh bien, pas si vite! Puis il s’en alla!
Les variations de l’histoire de House - séjour mystérieux, soudain virtuosité - sont à l’origine du mythe selon lequel Johnson, comme Faust, aurait vendu son âme en échange de son génie.
Mais les amis de Johnson ont donné des témoignages contradictoires quant à savoir si le chanteur lui-même a jamais participé au récit. Et les deux de ses chansons le plus souvent associées à l'histoire, «Cross Road Blues» et «Hell Hound on My Trail», ne font aucune mention d'une rencontre impie. Les historiens suggèrent maintenant que le véritable bienfaiteur de Johnson aurait pu être un guitariste de la région de Hazlehurst nommé Ike Zinnerman (parfois orthographié Zimmerman).
Alors que la musique de Johnson commençait à trouver un public dans les années qui suivirent sa mort, cependant, les critiques - dont beaucoup étaient blancs et mystifiés par la culture noire du Sud - s’appuyèrent sur la légende.
Comme l'historien de la musique Elijah Wald a écrit dans «S'échapper du delta: Robert Johnson et l'invention du blues» (2004) »:
« Quand les citadins blancs ont découvert les «Enregistements bruts» des années 20 et 30, ils ont remodelé la musique pour l'adapter à leurs besoins. propres goûts et désirs, créant une mythologie riche qui ressemble souvent peu à la réalité des musiciens qu’ils admiraient. ”
Ce qui est vrai, c’est que la guitare jouée sur les enregistrements de Johnson était d’une complexité inhabituelle pour son époque. La plupart des premiers musiciens de Delta Blues jouaient des figures de guitare simples et harmonisées avec leurs voix. Mais Johnson, imitant le style boogie-woogie du piano, utilisait sa guitare pour jouer du rythme, de la basse et de la slide simultanément, tout en chantant.
Une autre innovation associée à Johnson, comme le notait le critique Tony Scherman en 2009 dans le New York Times, est la contrebasse. Apparaissant sur les chansons de Johnson, «Ramblin 'on My Mind» et «I believe I’ll Dust my Broom», la basse ambulante - un rythme grave et ambré qui évoque une marche rythmée - est devenue un élément constitutif du blues et du rock de Chicago dans les mains des apôtres de Johnson que furent Muddy Waters et Elmore James.
Comme beaucoup de bluesmen qui vivaient dans l'ombre de Jim Crow, Johnson a erré pendant la majeure partie de sa vie adulte et s'est produit dans des ensembles de juke joints - voyageant souvent avec son collègue artiste de blues Johnny Shines - jusqu'à New York. Il s'est marié deux fois - d'abord avec Virginia Travis, décédée en donnant naissance à leur enfant, décédé également; puis à Caletta Craft. En 2000, un tribunal a jugé que Claud Johnson, l’enfant d’une petite amie, nommée Virgie Jane Smith, était légalement son fils.
Ce qui a survécu de la courte carrière de Johnson est basé sur ses deux seules sessions d’enregistrement, organisées par le cadre de l’American Record Company, Don Law, en 1936 et 1937 au Texas. Une chanson de la première session, le vibrant «Terraplane Blues», s'est vendue à 5 000 respectables exemplaires, donnant au chanteur le seul véritable goût de la gloire qu'il connaisse dans sa vie.
John Hammond, de Columbia Records, a également défendu la musique de Johnson plusieurs décennies après son décès. Hammond, qui a lancé les carrières de Billie Holiday, Aretha Franklin, Bob Dylan et Bruce Springsteen, a publié un album posthume en 1961, intitulé «King of the Delta Blues Singers», qui compilait la plupart des enregistrements de la American Record Company.
L’album a captivé une nouvelle génération de musiciens à l’aube de l’âge d’or du rock. Comme Eric Clapton l'a écrit en 2007 dans «Clapton: The Autobiography», décrivant sa première rencontre avec «King of the Delta Blues», «j'ai réalisé qu'à un certain niveau, j'avais trouvé le maître. »
L'histoire de la mort de Johnson, comme de nombreux faits de sa vie, est contestée.
Un certificat de décès retrouvé par le chercheur Gayle Dean Wardlow indiquait qu'il était décédé le 16 août 1938 dans une plantation près de Greenwood, dans le Missouri. La cause en était une complication de la syphilis, selon une note au verso du certificat attribuée à le propriétaire de la plantation.
Mais David Honeyboy Edwards, un contemporain de Johnson qui aurait joué avec lui quelques jours avant sa mort, a déclaré que Johnson avait été empoisonné et qu’il était probablement pris pour cible par le mari vengeur de l’une de ses maîtresses.
L’emplacement de la tombe de Johnson n’a jamais été confirmé. Les pierres tombales de trois églises différentes dans la région de Greenwood prétendent marquer son lieu de repos - la dernière énigme d'un homme dont la vie brève et mouvementée est devenue un cryptogramme presque aussi sensationnel que ses chansons.
(1) Edward James House, Jr., plus connu sous le nom de Son House, né le 21 mars 1902 à Riverton, Mississippi1 et mort le 19 octobre 1988 à Détroit dans le Michigan, est un chanteur et guitariste de blues. Il est l'un des pionniers du blues du Delta du Mississippi, remarqué pour son chant et son jeu de guitare très expressifs.
En plus d'avoir influencé Robert Johnson et Muddy Waters, il a été une inspiration pour John Hammond, Alan Wilson (de Canned Heat), Bonnie Raitt, the White Stripes, et John Mooney (en).
En 1980, il est entré au Blues Hall of Fame2, tout comme en 2017 son single Preachin' the Blues. (Wikipedia)
(2) Diddley bow : https://en.wikipedia.org/wiki/Diddley_bow
Un lien intéressant:
https://www.rollingstone.com/music/music-features/ginger-baker-essential-songs-cream-blind-faith-fela-kuti-890696/
et selon le NY Times, ses 15 titres emblématiques:
Oh baby - Graham Bond Organization - 1965
https://www.youtube.com/watch?v=ZhXGlG-31UA&list=RDZhXGlG-31UA&start_radio=1&t=0
Sunshine of your Love - Cream - 1967
https://www.youtube.com/watch?v=f3y8jf01UY8
White room - Cream - 1968
https://www.youtube.com/watch?v=V5BF1V1pbTs
Toad - Cream - 1968
https://www.youtube.com/watch?v=5RVdVq6_nOw
Do what you like - Blind Faith - 1969
https://www.youtube.com/watch?v=mRG1HWRIDW0
Let me ride - Ginger's Baker Air Force - 1970
https://www.youtube.com/watch?v=nNO9yPMyNoQ
Do what you like - Ginger Baker's Air Force and Elvin Jones - 1971
https://www.youtube.com/watch?v=rYIQSRdAo4U
Ye Ye De Smell - Fela Ransome-Kuti and the Africa '70 with Ginger Baker - 1971
https://www.youtube.com/watch?v=V6W_07sxw-k&list=RDV6W_07sxw-k&start_radio=1&t=0
Memory Lane - Baker Gurvitz Army - 1974
https://www.youtube.com/watch?v=7fuVMS1jGrA
Space Chase - Hawkwind - 1980
https://www.youtube.com/watch?v=aZrSNsyR-n0
Fishing - Public image Ltd - 1985
https://www.youtube.com/watch?v=RRweFj58fY8
Dishy Billy - Ginger Baker, Sonny Sharrock, Peter Brötzmann, Nicky Skopelitis, Jan Kazda - 1989
https://www.youtube.com/watch?v=djnz3O5_eQg
She Got me - Master of Reality - 1992 (video)
https://www.youtube.com/watch?v=beyj3BE7RPY
Ramblin' - Ginger Baker Trio - 1994
https://www.youtube.com/watch?v=OelNahvj72o
Why - Ginger Baker - 2014
https://www.youtube.com/watch?v=uoY1UPnecoQ
https://www.rollingstone.com/music/music-features/ginger-baker-essential-songs-cream-blind-faith-fela-kuti-890696/
et selon le NY Times, ses 15 titres emblématiques:
Oh baby - Graham Bond Organization - 1965
https://www.youtube.com/watch?v=ZhXGlG-31UA&list=RDZhXGlG-31UA&start_radio=1&t=0
Sunshine of your Love - Cream - 1967
https://www.youtube.com/watch?v=f3y8jf01UY8
White room - Cream - 1968
https://www.youtube.com/watch?v=V5BF1V1pbTs
Toad - Cream - 1968
https://www.youtube.com/watch?v=5RVdVq6_nOw
Do what you like - Blind Faith - 1969
https://www.youtube.com/watch?v=mRG1HWRIDW0
Let me ride - Ginger's Baker Air Force - 1970
https://www.youtube.com/watch?v=nNO9yPMyNoQ
Do what you like - Ginger Baker's Air Force and Elvin Jones - 1971
https://www.youtube.com/watch?v=rYIQSRdAo4U
Ye Ye De Smell - Fela Ransome-Kuti and the Africa '70 with Ginger Baker - 1971
https://www.youtube.com/watch?v=V6W_07sxw-k&list=RDV6W_07sxw-k&start_radio=1&t=0
Memory Lane - Baker Gurvitz Army - 1974
https://www.youtube.com/watch?v=7fuVMS1jGrA
Space Chase - Hawkwind - 1980
https://www.youtube.com/watch?v=aZrSNsyR-n0
Fishing - Public image Ltd - 1985
https://www.youtube.com/watch?v=RRweFj58fY8
Dishy Billy - Ginger Baker, Sonny Sharrock, Peter Brötzmann, Nicky Skopelitis, Jan Kazda - 1989
https://www.youtube.com/watch?v=djnz3O5_eQg
She Got me - Master of Reality - 1992 (video)
https://www.youtube.com/watch?v=beyj3BE7RPY
Ramblin' - Ginger Baker Trio - 1994
https://www.youtube.com/watch?v=OelNahvj72o
Why - Ginger Baker - 2014
https://www.youtube.com/watch?v=uoY1UPnecoQ


